REVUE DE PRESSE – Table ronde et des Cinéastes Non Alignées – #Même pas peur

REVUE DE PRESSE – CINEASTES NON ALIGNEES / FESPACO 2019

Table ronde au Mica du Fespaco le 27/02/2019

« La place des femmes dans l’industrie du cinéma africa et de sa diaspora »

– Article Jeune Afique du 28 février 2019 à 14h22

https://www.jeuneafrique.com/742656/culture/cinema-memepaspeur-quand-des-femmes-temoignent-des-agressions-sexuelles-dont-elles-ont-ete-victimes/

Cinéma : #Memepaspeur, quand des femmes témoignent des agressions sexuelles dont elles ont été victimes

28 février 2019 à 14h22 | Par – envoyé spécial à Ouagadougou

En parlant pour la première fois, en marge du Fespaco, du harcèlement dont elles ont été victimes, des professionnelles du cinéma africain entendent libérer la parole et assainir le secteur. Avec le mouvement #Memepaspeur, un #MeToo à l’africaine semble être né.

Tout est parti d’un témoignage douloureux, poignant, celui de Nadège Beausson-Diagne, actrice qui aura attendu dix-huit ans avant de réussir à s’exprimer. Lors d’une table ronde sur « La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora », organisée mercredi 27 février au Marché international du cinéma et de la télévision africains (Mica), au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), la comédienne a partagé une expérience traumatique dont elle n’avait jamais parlé, même à ses amis les plus proches.

Elle a révélé avoir été agressée lors de deux tournages. Le premier se déroulait au Burkina où le producteur a menacé de la licencier et de lui confisquer son billet d’avion si elle ne couchait pas avec lui. Le deuxième, en Centrafrique, où le réalisateur et coproducteur n’a cessé de la harceler et tenté de la violer. « Il m’a isolée de l’équipe technique, a interdit à tout le monde de me parler, a coupé certaines de mes scènes au montage… Je le suspecte même d’avoir cherché à m’intoxiquer. Et ce réalisateur, qui n’a jamais été inquiété, est actuellement présent sur le festival… », a-t-elle confié.


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Série de témoignages

Grâce à son témoignage, Nadège Beausson-Diagne voulait « libérer la parole des femmes », et la suite lui a donné raison. La réalisatrice Mariette Monpierre a également témoigné : « On m’a dit plusieurs fois dans ma carrière : “Si tu veux le boulot, il faut que tu couches…”

Puis une actrice présente dans l’assistance, Nathalie Vairac, a remercié Nadège de son courage avant de se confier elle-même. « J’ai été accueillie par un réalisateur [Daniel Vigne, dont le nom a été cité pendant le colloque, réalisateur du téléfilm Fatou la Malienne diffusé pour la première fois en mars 2001, ndlr], ce monsieur me reçoit et me dit : “Quand est-ce qu’on couche ?” Lorsque je lui réponds qu’il ne se passera jamais rien, il rétorque : “Eh bien à partir de maintenant tu n’auras plus de place dans le cinéma français, je te grille partout” », a-t-elle révélé, en ajoutant : « Lorsque l’on est une femme noire, on est doublement un objet de désir, à cause des fantasmes liés à la couleur de peau. » Pour une infraction relevant du harcèlement sexuel, le délai de prescription est de six ans en France, le réalisateur ne peut donc plus être inquiété par la justice.

Un autre cas d’agression, physique cette fois, a été évoqué par l’actrice Aïssa Maïga : celui d’Azata Soro, deuxième assistante du réalisateur burkinabè Tahirou Tasséré Ouédraogo. Cette dernière, avertie par des amis et présente non loin du lieu des débats, a pu venir s’exprimer personnellement sur les violences qu’elle a subies. Sur le plateau de la série Le Trône, à la suite d’un différend, le réalisateur l’a insultée, frappée puis a cassé une bouteille de bière avant de taillader son visage, toujours marqué, sur la joue, par une cicatrice de plus de 8 centimètres. Le cinéaste a été jugé et condamné pour ces faits, mais nullement désavoué par la profession. De fait, Le Trône fait partie de la sélection officielle en compétition pour cette édition du Fespaco, et est soutenu par TV5 Monde.

(Mise à jour samedi 2 mars 2019 : Le 2 mars, TV5 Monde a finalement annoncé, dans un communiqué, la déprogrammation de la série qui devait être diffusée fin mars. « La chaîne francophone, très engagée dans la défense des droits des femmes et la lutte contre les violences qui leurs sont faites, (…) exclut toute collaboration à venir avec Tahirou Ouedraogo, et se réserve le droit de le poursuivre en justice pour réparation des préjudices causés », précise le communiqué).

#Memepaspeur, un #MeToo africain ?

L’ensemble de ces témoignages, regroupés, a montré à quel point de nombreuses femmes peinent aussi à être respectées en Afrique dans le secteur du cinéma. À quel point il est urgent que la parole se libère, et que la justice, mais aussi les institutions cinématographiques, tirent les conséquences de ces agressions. « Nous espérons créer de la solidarité avec nos sœurs, mais nous attendons aussi un soutien de la part des hommes et des responsables du Fespaco », a clamé la réalisatrice Pascale Obolo.

Rahma Benhamou El Madani, à l’initiative de la création de l’association Les cinéastes non alignées, en 2016, souhaite avec les autres membres du collectif créer une plateforme d’échange, « un espace de résistance où cette parole puisse être entendue et où les victimes puissent être conseillées. » La journaliste Hortense Assaga, qui modérait la table ronde, a proposé de créer le hashtag : #Memepaspeur.

 

article FRANCE 24 – METOO AFRICAIN

https://www.france24.com/fr/20190301-afrique-cinema-fespaco-metoo-memepaspeur

Article du quotidien LIBERATION 1er mars 2019

 

 

Lien vers l’article LE POINT AFRIQUE 28 février 2018

https://www.lepoint.fr/culture/fespaco-le-cinema-africain-rattrape-par-metoo-28-02-2019-2297172_3.php

 

FESPACO : la place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora

Les cinéastes non-alignées ont invité plusieurs intervenantes.
Sur la photo, prise après un échange intense:
La présidente Rahma Benamou El Madani , la vice présidente, Pascale Obolo –  Mariette Monpierre, réalisatrice , l’actrice Nadège Beausson-Diagne
La table ronde en vidéo :

Rahma Benamou El Madani, présidente des Cinéastes Non Alignées ouvre la table ronde sur  » La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora »

Pascale Obolo, vice-présidente des Cinéastes non alignées, cite un poème de Audre Lorde, poétesse féministe et anti-raciste, noire nord américaine :  » Extérioriser sa colère, la transformer en action au service de notre vision est un acte de clarification qui nous libère et qui nous donne la force« ….

Sans union, sans solidarité entre femmes, notre combat est vain. Nous pensons le cinéma comme un moyen de résistance et d’émancipation pour les femmes. Nous nous battons pour que notre cinéma trouve un large public. Cette question est cruciale, car s’y joue notre indépendance économique.

 

Azata Soro, assistante réalisatrice Burkinabe, prend la parole pour raconter les circonstances de l’agression, du harcèlement et des violences qu’elle a subi par le réalisateur Tahirou Tasséré Ouadreogo. Elle raconte la difficulté de déposer plainte et le manque de soutien des autorités et des hommes de la profession, mais aussi le soutien d’autres femmes venues témoigner. Azata encourage femmes et  jeunes filles à DIRE NON . Je n’ai pas peur répète Azata. Le hashtag #même pas peur est lancé.

Nadège Beausson Diagne raconte comment après avoir jouer l’expérience douloureuse  qu’elle a enduré de harcèlement de menace, suite à l’interprétation d’un rôle dans un film africain. Plus jeune  Nadège n’a pas eu la force de parler des tentatives de viol, des propositions  de relations sexuelles, mais elle n’a pas été soutenue par la profession, ni les professionnels.

Elle demande à ce que les institutions cessent de financer les films des ces hommes. Nadège, est une résiliente. Elle souhaite, pour aider les autres femmes à présent; de créer une plateforme de soutien aux femmes. Nadège Beausson Diagne fait appel à la sororité des femmes.

Le lien vers le reportage de TV5 monde

DETRONER LE TRÔNE, la série en compétition au Fespaco 2019

Le collectif Cinéastes non-alignées et Noire n’est pas mon métier appellent au Boycott de la série Le Trône réalisée par Tahirou Tasséré Ouédraogo en compétition série dans le cadre du Fespaco 2019. Suite à la conférence organisée par Le Collectif des Cinéastes non-alignées autour de la thématique La place de la femme dans le cinéma africain et de la Diaspora, Azata Soro, deuxième assistante du réalisateur Burkinabè Tahirou Tasséré Ouédraogo a témoigné de l’agression par le réalisateur qu’elle a subi au cours du tournage de la série Trône sélectionné par le Fespaco. Azata Soro nous a raconté qu’à la suite d’un différend, le réalisateur l’a insultée, frappée puis a cassé une bouteille de bière avant de taillader son visage, toujours marqué, sur la joue, par une cicatrice de plus de 8 centimètres. Le cinéaste a été jugé et condamné pour ces faits, mais nullement désavoué par la profession. De fait, Le Trône fait partie de la sélection officielle en compétition pour cette édition du Fespaco, et est soutenu par TV5 MONDE. POUR DES RAISONS ÉTHIQUE IL EST INADMISSIBLE que ce film ait été sélectionné par le Fespaco dans le cadre du 50aine. Nous demandons à ce que Le Trône soit exclue de la compétition afin que la direction du Festival et l’ensemble de la profession marqué par un geste fort et solidaire le soutien contre les violences et harcèlement et abus sexuels par les femmes dans l’industrie du cinéma africain. Nous vous invitons à signer la pétition et la diffuser le plus largement possible.

Table ronde au MICA du FESPACO

Notre prochain événement !

Table ronde au MICA du FESPACO à Ouagadougou – Burkina Faso :

Mercredi 27 février 2019 de 11H30 à 13H30

La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora

 

Dossier de presse Table ronde au MICA La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora

Au programme :

Table ronde au MICA- Fespaco
Listes des intervenantes de la table ronde au MICA du FESPACO Présentation