FESPACO : la place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora

Les cinéastes non-alignées ont invité plusieurs intervenantes.
Sur la photo, prise après un échange intense:
La présidente Rahma Benamou El Madani , la vice présidente, Pascale Obolo –  Mariette Monpierre, réalisatrice , l’actrice Nadège Beausson-Diagne
La table ronde en vidéo :

Rahma Benamou El Madani, présidente des Cinéastes Non Alignées ouvre la table ronde sur  » La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora »

Pascale Obolo, vice-présidente des Cinéastes non alignées, cite un poème de Audre Lorde, poétesse féministe et anti-raciste, noire nord américaine :  » Extérioriser sa colère, la transformer en action au service de notre vision est un acte de clarification qui nous libère et qui nous donne la force« ….

Sans union, sans solidarité entre femmes, notre combat est vain. Nous pensons le cinéma comme un moyen de résistance et d’émancipation pour les femmes. Nous nous battons pour que notre cinéma trouve un large public. Cette question est cruciale, car s’y joue notre indépendance économique.

 

Azata Soro, assistante réalisatrice Burkinabe, prend la parole pour raconter les circonstances de l’agression, du harcèlement et des violences qu’elle a subi par le réalisateur Tahirou Tasséré Ouadreogo. Elle raconte la difficulté de déposer plainte et le manque de soutien des autorités et des hommes de la profession, mais aussi le soutien d’autres femmes venues témoigner. Azata encourage femmes et  jeunes filles à DIRE NON . Je n’ai pas peur répète Azata. Le hashtag #même pas peur est lancé.

Nadège Beausson Diagne raconte comment après avoir jouer l’expérience douloureuse  qu’elle a enduré de harcèlement de menace, suite à l’interprétation d’un rôle dans un film africain. Plus jeune  Nadège n’a pas eu la force de parler des tentatives de viol, des propositions  de relations sexuelles, mais elle n’a pas été soutenue par la profession, ni les professionnels.

Elle demande à ce que les institutions cessent de financer les films des ces hommes. Nadège, est une résiliente. Elle souhaite, pour aider les autres femmes à présent; de créer une plateforme de soutien aux femmes. Nadège Beausson Diagne fait appel à la sororité des femmes.

Le lien vers le reportage de TV5 monde

DETRONER LE TRÔNE, la série en compétition au Fespaco 2019

Le collectif Cinéastes non-alignées et Noire n’est pas mon métier appellent au Boycott de la série Le Trône réalisée par Tahirou Tasséré Ouédraogo en compétition série dans le cadre du Fespaco 2019. Suite à la conférence organisée par Le Collectif des Cinéastes non-alignées autour de la thématique La place de la femme dans le cinéma africain et de la Diaspora, Azata Soro, deuxième assistante du réalisateur Burkinabè Tahirou Tasséré Ouédraogo a témoigné de l’agression par le réalisateur qu’elle a subi au cours du tournage de la série Trône sélectionné par le Fespaco. Azata Soro nous a raconté qu’à la suite d’un différend, le réalisateur l’a insultée, frappée puis a cassé une bouteille de bière avant de taillader son visage, toujours marqué, sur la joue, par une cicatrice de plus de 8 centimètres. Le cinéaste a été jugé et condamné pour ces faits, mais nullement désavoué par la profession. De fait, Le Trône fait partie de la sélection officielle en compétition pour cette édition du Fespaco, et est soutenu par TV5 MONDE. POUR DES RAISONS ÉTHIQUE IL EST INADMISSIBLE que ce film ait été sélectionné par le Fespaco dans le cadre du 50aine. Nous demandons à ce que Le Trône soit exclue de la compétition afin que la direction du Festival et l’ensemble de la profession marqué par un geste fort et solidaire le soutien contre les violences et harcèlement et abus sexuels par les femmes dans l’industrie du cinéma africain. Nous vous invitons à signer la pétition et la diffuser le plus largement possible.